Fabrication d'un meuble pour imprimante 3D (partie 2)

Un article qui sent la colle néoprène à plein nez

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par skywodd | | Licence (voir pied de page)

Catégories : Projets | Mots clefs : Menuiserie Meuble DIY Imprimante 3D Build log

Cet article n'a pas été mis à jour depuis un certain temps, son contenu n'est peut être plus d'actualité.


Dans un précédent article, je vous avais présenté un projet de meuble pour imprimante 3D que je préparai en secret depuis plusieurs jours. Dans cette seconde partie, on verra ensemble les différentes modifications, améliorations et aménagements apportés au meuble. Pour cet article, préparez les masques à gaz, car les bidons de colle néoprène vont se vider à la vitesse de la lumière.

Sommaire

Bonjour à toutes et à tous !

Dans mon précédent article, je vous avais présenté un projet de meuble pour imprimante 3D que je préparai en secret depuis plusieurs jours.

Je vous avais dit en conclusion du précédent article que je ferai un article "partie 2" avec les diverses améliorations, modifications et aménagements apportés au meuble. C'est donc sans grande surprise qu'il s'agit du sujet de l'article d'aujourd'hui ;)

Et paf le coin

Meuble pour imprimante 3D avec coins avant adoucis

Le meuble avec les coins avant adoucis

Vue de face du meuble pour imprimante 3D

Vue de face du meuble

La première modification du meuble m'a été soufflée par mon coude après que celui-ci se soit pris en pleine face le coin du meuble. Aie.

J'ai donc découpé sur place les deux coins avant du meuble avec une scie circulaire sur rail (une vraie plaie, j'aurai du y penser dés le départ).

L'angle de la découpe a été choisi de manière scientifique en respectant le procédé de mesure pifométrique et l'unité de mesure du même nom. La mesure a ensuite était reportée sur les deux coins pour que le résultat est l'air propre.

Isolation phonique et thermique

Ce n'est pas une légende urbaine, les imprimantes 3D sont bruyantes, très bruyantes même. Cependant, certaines imprimantes sont plus bruyantes que d'autres.

L'imprimante que je devrais recevoir cette semaine, et qui remplacera ma RepRap, est connue pour être très bruyante à cause de sa structure toute en métal. Le site du fabricant lui-même annonce un volume sonore nominal de 58 dB(A), ce qui est relativement élevé, autant qu'un aspirateur "silencieux". Les tests sur le net semblent être d'accord avec une mesure de 61 ~ 68dBa à un mètre en utilisant intensive.

PS J'ai commandé un sonomètre pour l'occasion afin de confirmer, ou infirmer, ce point de détail. Je ne manquerai pas de vous faire un retour sur l'imprimante quand le moment sera venu.

L'isolation phonique de la partie du meuble contenant l'imprimante n'est donc pas un luxe. Impossible de travailler sur un ordinateur avec l'équivalent d'un aspirateur s'agitant à côté de soi !

De plus, l'imprimante que j'ai choisie est de type "boitier ouvert", comme beaucoup d'autres imprimantes du commerce. Cela signifie que l'imprimante est dépendante de la température ambiante, un courant d'air un peu trop frais et bye bye l'impression en cours. Pour la petite histoire, les boitiers entièrement fermés sont soumis à un brevet empêchant la commercialisation de ce type de boitier sans payer des royalties, un beau patent troll comme on dit dans le milieu.

L'isolation thermique est donc là aussi un point important à prendre un compte.

Matériaux d'isolation thermique et phonique pour le meuble d'impression 3D

Matériaux d'isolation thermique et phonique

Afin de réduire le bruit et les aléas environnementaux, j'ai décidé de jouer sur trois fronts simultanément : le bruit ambiant, les vibrations et les courants d'air.

Réduire les courants d'air à l'intérieur de la zone d'impression est trivial, il suffit de faire un meuble avec des portes. Mais il faut aussi éviter que l'air chaud ne s'échapper trop rapidement quand l'imprimante fonctionne.

J'ai donc trouvé une solution trois en un : du liège pour l'isolation phonique et thermique, de la mousse pour l'isolation phonique (en particulier des bruits aigus dus aux moteurs) et une dalle de caoutchouc recyclé et compressé pour les vibrations.

Tentative de collage de liège et de mousse au scotch double face

Tentative de collage de liège et de mousse au scotch double face

Dans un premier temps, j'ai tenté de coller le liège et la mousse au moyen de scotch double face industriel. Grosse erreur, très grosse erreur …

Résultat du collage au scotch double face

Résultat du collage au scotch double face

Après seulement quelques heures, la mousse et le liège s'étaient complètement décollés … Le double face, même ultra résistant et collant n'était pas une bonne idée. 8€ de double-face gâché inutilement, "c'est pas glop".

Divers essais de collage entre bois, liège et mousse

Divers essais de collage entre bois, liège et mousse

Face à cet échec cuisant, j'ai dû revoir mes plans.

Afin d'éviter un nouveau désastre, j'ai fait divers essais de collage avec différents types de colles.

  • Le scotch double face ne tient ni sur le liège ni sur la mousse. J'aurai du m'en douter, car le scotch double face n'est efficace que sur les surfaces lisses, non poreuses, comme du verre ou du plastique. Sur du liège ou de la mousse, l'air passe au travers du matériau et décolle le scotch par l'arrière. Oups.

  • La colle vinylique (colle à bois classique, aussi appelé colle blanche) colle parfaitement le bois et le liège (logique), mais aussi la mousse à ma grande surprise. Cependant, la colle remonte par capillarité dans la mousse et la rigidifie, ce qui détruit complètement ses propriétés phoniques. De plus, la colle blanche, même à prise rapide, demande une pression sur le support à coller d'au moins 2 à 3 minutes, ce qui est beaucoup trop long.

  • La colle acrylique colle parfaitement le bois, le liège et la mousse, sans poser de problème et avec une simple pression sur le support de quelques secondes. Cependant, le temps de séchage est très long et le collage n'est rien de plus qu'un collage par pression. Le principe est le même qu'avec deux plaques de verre recouvertes d'eau savonneuse, si vous arrivez à faire entrer une bulle d'air entre les plaques, tout se décolle. De fait, les coins du collage sont beaucoup trop fragiles pour que cette solution soit viable. Le centre du support est indécollable, mais si on tire un coin, tout se détache sans difficulté.

  • Reste donc la colle néoprène, mon meilleur ami et mon pire ennemi en même temps. Je déteste la colle néoprène. Les précautions à prendre pour l'application de ce type de colle sont draconiennes. L'application de la colle est un vrai calvaire et la nécessité d'un double encollage rend le tout deux fois plus long, deux fois plus contraignant et deux fois plus consommateur de colle. Seulement voilà, la colle néoprène colle sur absolument tout. Exception faite des matériaux comme le PVC flexible ou le polystyrène qui sont attaqués par le solvant de la colle, je ne connais aucun matériau que la colle néoprène ne peut pas coller. C'est donc sans grande surprise que la colle néoprène a parfaitement bien collé le liège au bois et la mousse au liège. J'ai donc décidé, à mon grand regret, de continuer avec cette solution.

Matériel nécessaire au collage de la mousse et du liège du meuble pour imprimante 3D

Matériel nécessaire au collage de la mousse et du liège

Au total, en comptant le double encollage, j'ai eu besoin d'encoller environ 6m2 de surface, c'est énorme. Pour ce faire, j'ai eu besoin de plus d'un litre de colle néoprène.

Ceux qui ont déjà utilisé de la colle néoprène le savent, même en petite quantité, la colle néoprène est une vraie saloperie. Le solvant que contient cette colle (un mélange de dérivés du pétrole et d'acétone) fait tourner de l'oeil en un rien de temps. Par exemple, le collage des deux petits morceaux de mélaminé décoratif sur les côtés du plateau supérieur du meuble a été un supplice pour mon nez (et ma tête durant les deux heures qui ont suivi). Je n'ai pourtant utilisé que quatre petites gouttes de colle néoprène à ce moment-là, le tout avec la fenêtre de l'atelier grande ouverte. Je vous laisse imaginer le résultat avec un litre de colle …

J'ai du faire quelques courses avant de commencer le collage. Dans le panier : des gants de chimie (qui seront bon à jeter à la fin du collage), un masque à gaz spécial solvant, des pinceaux (certains préfèrent appliquer la colle néoprène à la spatule, question de goûts) et de la colle (ça on s'en douté). Ajoutez à cela une blouse de travail et des lunettes de protection, que vous devriez normalement toujours avoir à porter de main dans votre atelier (oui, ceci est message subliminal).

N.B. Ne jamais – ô grand jamais – coller à la colle néoprène des objets, même de petites tailles, dans une pièce fermée.

Ouvrez les fenêtres en grand, ventiler, voir idéalement, faites le collage en extérieur. Et si vous devez encoller une surface de taille importante (plus grande qu'un gros post-it), utilisez un respirateur avec des cartouches filtrantes. Ce peut paraitre exagéré, mais les solvants chimiques ne sont pas de gentils petits composés organiques qui vous veulent du bien.

PS Le port de lunettes de protection et de gants est obligatoire, la colle néoprène est une colle "sale".

Vous n'arriverez absolument jamais à coller quoique ce soit sans créer un véritable massacre de colle un peu partout. La colle néoprène se transforme en plastique mou au contact de l'air et produit des filaments de colle au moindre contact. C'est très salissant et c'est aussi relativement dangereux. La colle néoprène contient un composé chimique qui peut déclencher des allergies au contact de la peau, des gants jetables sont vraiment un minimum vital à avoir dans son atelier.

Quand je vous dis que la colle néoprène est une vraie saloperie, vous comprenez maintenant pourquoi.

À noter qu'il existe de la colle néoprène en aérosol (respirateur à cartouche obligatoire dans ce cas, qu'importe la taille de l'objet à coller). C'est beaucoup plus pratique à l'usage, mais aussi beaucoup plus cher. En plus, les versions en aérosol ont une vilaine tendance à recouvrir tout ce qui se trouve autour de la zone à coller. Dans mon cas, il était plus adapté de prendre de la colle liquide à appliquer au pinceau pour avoir un résultat plus "propre" (enfin, avec la colle néoprène, la notion de propreté est toute relative).

Intérieur du meuble pour imprimante 3D avec le liège collé

Intérieur du meuble avec le liège collé

Vue de l'intérieur du meuble pour imprimante 3D avec la mousse anti-bruit collée

Vue de l'intérieur du meuble avec la mousse anti-bruit collée

Le collage m'a pris une après-midi complète, ce qui a mis en vrac mon planning de publication et empêché la publication de cet article en temps et en heure samedi dernier.

Mais voyons le bon côté des choses, mon passage forcé au magasin de bricolage le plus proche m'a permis d'ajouter une petite extension au meuble que nous verrons dans le chapitre suivant ;)

La tablette d'appoint

Pendant que je reconfigurai le mini PC qui me sert de contrôleur pour les impressions 3D, j'ai tourné la tête sur la droite du meuble et me suis rendu compte que j'avais une grande zone d'espace vide au sol.

L'atelier du TamiaLab n'est pas bien grand (à peine 12m²), l'utilisation de l'espace au sol est donc un point des plus critique. Par conséquent, je me suis dit sur le moment que "ce serait bien d'avoir une tablette d'appoint amovible sur ce côté".

Principe du système de tablette d'appoint amovible

Principe du système de tablette d'appoint amovible, vue du dessous

Vue du dessous du système de blocage de la tablette d'appoint du meuble pour imprimante 3D

Vue du dessous du système de blocage de la tablette d'appoint du meuble

Gros plan du système de blocage de l’équerre de maintien de la tablette d'appoint du meuble pour imprimante 3D

Gros plan du système de blocage de l’équerre de maintien de la tablette d'appoint

J'ai donc récupéré quelques chutes de bois dans ma réserve, ainsi que trois charnières et j'ai mis en place les pièces pour obtenir une tablette d'appoint amovible. La photo ci-dessus présente le principe, vu du dessous.

Une bande de bois raboté à la bonne épaisseur permet de replier la tablette sur le côté du meuble. Une équerre en bois montée sur une charnière permet de bloquer la tablette en position haute. Pour solidifier la tablette, une seconde couche de bois à 90° de la première vient se placer en dessous de la tablette et sert de support pour l'équerre. L'équerre est maintenue en position ouverte au moyen d'un verrou magnétique pour porte de placard. Pour finir, un petit bloc de bois vient servir de cale pour l'extrémité de la tablette quand celle-ci est repliée sur le côté du meuble.

Tablette d'appoint rabattable sur le côté du meuble pour imprimante 3D

Tablette d'appoint rabattable sur le côté du meuble

Vue de côté du système de jointure de la tablette d'appoint du meuble pour imprimante 3D

Vue de côté du système de jointure de la tablette d'appoint

La tablette d'appoint ouverte sur le côté du meuble pour imprimante 3D

La tablette d'appoint ouverte sur le côté du meuble

Le montage ne fait que 6 cm d'épaisseur et permet d'obtenir une belle zone de travail additionnelle quand cela est nécessaire.

Conclusion

Voilà qui conclut ce projet, en attendant l'arrivée de l'imprimante qui viendra prendre place au sein du meuble dans quelques jours si tout ce passe bien.

Si ce projet vous a plu, n'hésitez pas à le commenter sur le forum, à le diffuser sur les réseaux sociaux et à soutenir le site si cela vous fait plaisir.