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Il faut qu'on parle ...

Une bouteille à la mer

par skywodd | | Licence (voir pied de page) | Article en vedette

Catégories : Blog | Mots clefs : News

Cet article a été modifié pour la dernière fois le


Pas de tutoriel, de projet ou de dossier cette semaine, désolé. À la place, je souhaite vous parler franchement et honnêtement de la situation actuelle du site.

Sommaire

Bonjour à toutes et à tous

Avant de commencer la lecture de ce billet de blog, prenez s'il vous plait une petite minute pour répondre à un questionnaire tout bête. Il n'y a que deux questions très simples, mais ce questionnaire est d'une importance capitale. Je ne rigole pas.

Je vous demande simplement d'être franc et honnête en répondant au questionnaire ci-dessous. Inutile de bricoler vos réponses pour me faire plaisir. Cela serait même la pire des choses que vous pourriez faire. De plus, pour ne pas biaiser votre réponse, il est impératif que vous répondiez au questionnaire avant de lire la suite de cet article.

Le questionnaire est disponible en ligne ici.

PS Le questionnaire est disponible jusqu'au dimanche 4 juin.

Pas de filtre

Habituellement, quand j'écris un article, j'applique un filtre mental à tout ce que tape sur mon clavier. Je filtre ainsi tout ce qui est en lien avec des problèmes personnels ou professionnels. J'essaye aussi de limiter au maximum le contexte "temporel" des articles pour ne pas les rendre "périssables" trop rapidement.

This is fine

"Tout va bien" (par K.C. Green http://gunshowcomic.com/648)

De fait, il est assez simple sur internet de donner l'impression que tout va bien, alors qu'en réalité les choses ne se passent pas aussi bien que prévu. Il suffit de passer sous silence les problèmes, mettre en avant les réussites et – voilà !

Cet article ne bénéficiera pas du filtre habituel. Pour une fois, vous allez avoir l'intégralité de l'histoire.

Cacher ses problèmes ne permet pas de les résoudre. J'en ai eu la preuve une fois de plus très récemment. Je compte donc sur vous pour lire le roman qui va suivre. C'est important.

Mise en contexte

J'ai eu 24 ans il y a peu de temps. Cela fait maintenant deux ans que je travaille à plein temps sur le projet Carnet du Maker, au travers du TamiaLab (l'entreprise que j'ai créée pour l'occasion).

Suite à divers événements récents, j'ai été obligé de faire le point sur mes activités et sur mon avenir. Le site Carnet du Maker et le TamiaLab étant mes deux activités principales, j'ai été obligé de faire face à la réalité de ma situation.

Une situation financière qui ne peut plus durer

Je vais surement détruire la vision qu'ont certains lecteurs du site, mais la vérité est que le site Carnet du Maker ne génère pas le moindre centime de revenu pour le moment.

Pendant ce temps, les caisses du TamiaLab se vident chaque mois un peu plus pour payer les factures. En deux ans, l'hébergement du site CDM seul aura couté au total près de 1300€, soit plus de cinquante d'euros par mois.

Soyons clairs

50€ par mois est un coût mensuel ridiculement faible pour un site web comme CDM. J'arrive à payer si peu cher, car je fais tout moi même. Développement, infogérance, maintenance, c'est moi qui m'occupe de tout. Je paye en temps en quelque sorte.

Je sais que beaucoup de personnes pensent qu'un site web ne coute pas cher. Malheureusement, c'est faux. C'est une idée reçue qui dure depuis aussi longtemps qu'internet existe.

À cela s'ajoute le prix du matériel nécessaire aux articles, des pièces détachées pour garder le matériel de travail en fonctionnement, des nouveaux outils nécessaires pour travailler et de tout le reste (licences logicielles, frais divers, etc.). Sans inclure mon temps de travail, ça fait déjà une jolie somme.

Pour garder les finances du TamiaLab dans le vert, je fais régulièrement des missions chez des clients. Cependant, même si cela permet de rester dans le vert, cela fait deux ans que je ne me suis pas versé le moindre salaire. Je dois ma survie à mes parents.

Une situation sociale pas franchement géniale

Vivre aux crochets de ses parents à 24 ans, en soi, ce n'est pas génial. Mais ce n'est pas le plus problématique.

Non, le pire ce n'est pas ça … c'est la solitude et le fait de travailler chez soi.

Je suis célibataire et bien parti pour le rester. Je me lève le matin, descend l'escalier, prend un verre d'orange et direction l'atelier pour la journée. Au final, je reste seul sur ma chaise dans l'atelier la plupart du temps.

Travailler de chez soi, c'est ne pas pouvoir séparer vie privée et travail, être toujours "au travail". C'est l'horreur. Alors, être seul toute la journée en plus de ça … Je vous laisse imaginer l'ambiance.

Une impression de faire du sur place

Vu que je travaille à domicile, je fais régulièrement des journées de 10 et 12 heures sans vraiment m'en rendre compte.

Je travaille comme un dingue, je m'épuise, mais rien ne semble avancer. Pire, depuis quelque temps, j'ai l'impression que ça recule. C'est frustrant et le fait de ne pas voir son travail rapporter le moindre centime en retour n'aide vraiment pas pour le moral.

Une fuite vers l'avant

Cela fera exactement deux ans, le 26 juin prochain que le projet des abonnements sur le site est en travaux.

Techniquement, le système d'abonnement de la version de test du site n'est pas parfait, mais il est fonctionnel. Il y a une quantité astronomique de bugs connus qui reste encore à résoudre (la moitié lié au forum). Cependant, à part la rédaction de conditions générales de ventes que je n'arrive viscéralement pas à écrire (je déteste ce genre de texte technico-légal), tout est prêt à être mis en ligne.

Alors pourquoi ce n'est pas le cas ?

Parce que j'ai une véritable peur panique de voir les abonnements faire un flop.

C'est une peur illogique, comme n'importe quelle peur panique, j'en suis conscient, mais je n'arrive pas à me la sortir de la tête. Dès que je pense à mettre en ligne les abonnements, je panique et je trouve quelque chose pour retarder l'échéance.

Cela fait bientôt deux ans que cette fuite vers l'avant dure. Tous les matins, je pose la question suivante : "est-ce que le banquier va m'appeler pour me dire que le contrat monétique est annulé ?" Après tout, cela fait presque deux ans que le contrat est en "mode test".

Plus le temps passe, plus je stresse. Plus je stresse, plus je reporte la mise en ligne. Plus je reporte la mise en ligne, bref, vous avez compris. Je suis dans un cercle vicieux qui ne peut en l'état qu'aboutir à ma perte.

La peur de l'échec

Si j'ai si peur que les abonnements fassent un flop, c'est parce que mon projet est bancal depuis le départ. Et le fait d'avoir voulu lancer le projet des abonnements en même temps que le site lui-même n'était clairement pas une bonne idée. J'ai voulu mettre la charrue avant les boeufs et maintenant je suis bien embêté.

Il n'existe que trois façons de monétiser un site web :

  • Valoriser l'audimat,

  • Valoriser la plateforme,

  • Valoriser le contenu.

Valoriser l'audimat est simple (en théorie) : c'est le modèle publicitaire / publirédactionnel ou la revente d'informations personnelles.

Même en mettant de côté toutes mes valeurs, financer le site CDM en valorisant l'audimat n'est tout simplement pas possible. Je n'ai pas assez de lecteurs pour que cela soit rentable et le site ne rentre pas dans les modèles publicitaires actuels. Mon domaine rédactionnel est trop de niches et les annonceurs trop peu nombreux. À moins de me reconvertir dans l'impression 3D et la domotique, j'aurai bien du mal à trouver une régie publicitaire.

De plus, presque 80% de mes lecteurs ont un bloqueur de publicités. Je le sais, car durant les dernières semaines j'ai discrètement inclus un fichier JavaScript vide nommée "ads.js" dans le code source du site, fichier dont le nom déclenche à coup sûr un blocage par les bloqueurs de pub. Seuls 20% des visiteurs ont téléchargé le fichier en question.

Ceci dit qu'il y ait 1% ou 100% de bloqueurs de publicité sur le site, cela ne change rien au fait que je suis fondamentalement contre la valorisation de l'audimat. C'est donc un non-problème.

En coulisse, j'ai cherché des partenaires potentiels pour financer des tutoriels ou projets. Utiliser un produit dans un projet et être payé pour cela ne me pose aucun problème si le produit s'intègre dans un projet déjà défini. Si le projet se construit autour du produit, c'est plus embêtant.

Si on m'avait proposé d'écrire un (ou plusieurs) tutoriel(s) sur un produit, tout en étant payé pour cela, j'aurai sans aucun doute accepté. Il n'y a pas de conflit d'intérêts à écrire un tutoriel. La limite se situe pour moi dans la rédaction d'un test / critique sponsorisé (= une publicité dissimilée).

Seulement voilà, les choses ne se sont pas exactement passées comme prévu. Lourd a été le parpaing de la réalité qui s'abat sur la tartelette aux fraises de mes illusions (la bise aux lecteurs qui comprendront la référence).

Pour faire court : je n'ai trouvé aucun sponsor. Les rares offres que j'ai pu avoir se limiter à l'envoi d'exemplaires gratuits ou d'un budget ridiculement faible. Malheureusement, je ne peux pas vivre d'amour et de carte Arduino frais.

Ne voulant pas valoriser l'audimat du site. Ne pouvant pas trouver de partenaires commerciaux. Il ne me reste pas beaucoup de solutions : valoriser la plateforme et/ou le contenu.

Sur le papier les abonnements sont une vraie bonne solution. L'abonnement doit permettre de valoriser la plateforme en permettant aux abonnées d'utiliser les pleines fonctionnalités du site, en particulier les flux RSS complets qui sont très appréciés.

Cependant, qu'importe comment on tourne les choses, les abonnements restent ni plus ni moins des dons avec bénéfices. Le site CDM ne fournit pas véritablement de service. L'accès aux fonctionnalités du site n'est rien de plus qu'un "merci de supporter financièrement le site". Or, les dons vers des créateurs de contenu ça ne fonctionne pas en France. C'est un constat. Il suffit de regarder combien gagne un créateur de contenu en moyenne sur Tipeee pour s'en rendre compte.

Je pourrai me mettre à vendre des t-shirts, stickers et mugs TamiaLab / Carnet du Maker comme le font beaucoup d'autres créateurs de contenu, mais en arriver là pour gagner quelques euros … Ce n'est pas viable.

La difficile monétisation du contenu

Je mets un point d'honneur à faire des articles de qualité. Parfois il y a des ratés (*tousse* tuto DS18B20 *tousse*), mais globalement, j'essaye de vulgariser les aspects techniques, d'illustrer les articles et de rendre le tout accessible aux jeunes et aux moins jeunes, aux lecteurs expérimentés et moins expérimentés.

Je pourrai monétiser mon contenu. Ou pas.

Je suis dans un domaine de niche, mais concurrentiel. Il y a une pléthore d'articles similaires aux miens sur internet. Monétiser mes articles actuels est pour ainsi dire impossible.

Quand un lecteur tombe sur un "article abonné", il ferme la page et passe au lieu suivant dans ses résultats de recherche. Je le sais, car c'est ce que je fais moi même tous les jours.

À moins d'avoir un contenu unique, introuvable ailleurs sur le web, monétiser le contenu n'est pas viable. C'est un constat. Qu'importe la qualité, on ne peut pas faire moins cher que du gratuit. C'est ce qui compte pour beaucoup de visiteurs aujourd'hui.

J'ai pendant un temps imaginé faire des articles "ebook" de 100 à 200 pages, disponible en ligne ou sous forme de PDF. Si je ne peux pas valoriser mes articles, pourquoi ne pas exploiter mes capacités de rédacteur pour faire des livres ?

Si je pouvais vendre ces ebooks, 20 à 30€ pièce, cela serait intéressant, car chaque vente représenterait quasiment le prix d'un abonnement d'un an au site. J'avais cependant laissé l'idée de côté à cause d'un problème très terre à terre : le manque de temps.

Abonnements + articles abonnés = problèmes

Le temps est mon pire ennemi. Il est invincible et sa force dépasse de loin ce dont je suis capable.

Dans un monde utopique où tout ce passe comme prévu, où je n'aurai qu'à écrire des articles et rien d'autre, je pourrais écrire jusqu'à deux articles par semaines. C'est mon seuil limite entre qualité et temps de rédaction.

Dans notre monde imparfait, je ne suis pas qu'un simple rédacteur. Je suis aussi un administrateur système, un développeur, un gérant d'entreprise, un humain. Tout cela limite mes capacités rédactionnelles à un article par semaine (en particulier l'aspect développeur qui prend le plus clair de mon temps).

Mon projet d'abonnements incluait originalement de donner l'accès à certains articles uniquement aux abonnés durant un à deux mois. L'idée résulte d'un constant simple : après un mois environ, un article perd de son intérêt et vie sa vie au gré des résultats des moteurs de recherche. En réservant la période "d'intérêt" aux abonnés, mon but était de donner un véritable intérêt aux abonnements.

Cela aurait pu créer un cercle vertueux : les articles abonnés apportent de nouveaux abonnés qui financent les prochains articles abonnés, etc. Il y a juste un petit problème dans cette logique : moi.

Je suis un humain.

Je suis seul, je n'ai pas une équipe de rédacteurs et je ne suis pas non plus un robot capable d'écrire des articles à la chaine en partant d'un simple Tweet.

Pour pouvoir intégrer les articles abonnés dans mes abonnements, il faut une certaine régularité dans les publications, et un nombre d'articles par mois minimum. J'ai donc pendant les derniers mois essayé de garder un rythme d'un article par semaine et cela n'a absolument pas fonctionné.

Écrire un article de qualité en une semaine et tout à fait faisable, mais au moindre problème, le délai de publication déclenche une réaction en chaine qui impacte la publication des articles suivants.

J'ai donc dû mettre en place un système "d'articles de secours", des articles avec des sujets plus faciles à rédiger si jamais les choses se passent mal. Si jamais un article prend du retard, je pioche dans la réserve de secours.

Cependant, ce qui devait arriver arriva. J'ai donc actuellement 4 pages de sujets d'articles potentiels (dont certains vraiment intéressants), une bonne dizaine d'articles en attentes de finalisation, une réserve d'article de secours vide et plus aucune motivation pour continuer ainsi.

Il y a un problème de conception dans mon d'idée d'abonnements. J'ai voulu remplacer un modèle de financement basé sur la quantité (les pubs) par un modèle basé sur la qualité (les abonnements), sans me rendre compte que j'étais en train d'instaurer une quantité minimum. Résultat : avant même d'avoir mis en ligne les abonnements, j'ai déjà atteint la limite du modèle.

Les abonnements sont une bonne solution s'ils sont uniquement liés à la plateforme, et non aux contenus. La plateforme peut vivre plusieurs mois sans mise à jour, pas les contenus.

Thèse, antithèse, malaise

À ce stade, je pense que la plupart d'entre vous auront compris pourquoi j'ai posé seulement deux questions dans le questionnaire et pourquoi vous deviez y répondre avant de lire l'article.

La situation réelle du site est la suivante :

  • Si le questionnaire montre qu'il est possible de tirer un peu d'argent de la plateforme et/ou des contenus (au moins de quoi payer les factures et ne plus prendre dans les caisses du TamiaLab dans un premier temps), alors à compter du 5 juin prochain, je prendrai un mois complet sans article pour terminer la version 1.0 du site.

    Cela impliquera de réduire drastiquement les fonctionnalités dans un premier temps, pour revenir à une base solide : contenus et forum. À partir de là, les abonnements seront mis en place et on pourra avancer dans le bon sens.

    Je ne fuirai plus ma peur du flop, car elle aura disparu à la lecture des résultats du questionnaire. Pour l'appel du banquier … qu'il appelle. J'ai fini par me résoudre à lui répondre.

    Et pour le reste, il faudra surement envisager un déménagement de l'atelier. M'acheter un chien, sortir et pourquoi pas imaginer organiser des ateliers électroniques / informatiques avec le hackerspace de la région.

    Au passage, il serait peut-être temps que je fasse un tour sur le forum Arduino pour revoir les copains Arduinistes. Ça fait deux ans que je répète que je vais le faire sans jamais avoir le temps de le faire …

  • Si le questionnaire montre qu'il n'est pas possible de payer les factures avec la plateforme ou les contenus … et bien … j'aurai essayé. Arrive un moment où il faut faire des choix, même si ça n'est pas ce que l'on souhaite.

    Le site CDM redeviendrait dans ce cas un simple site personnel. La plateforme serait réduite au strict minimum, l'infrastructure aussi. Je retournerai sur les bancs de Pôle Emploi à la recherche d'un travail.

Quoi qu'il arrive désormais, je ne regrette rien. Même si le questionnaire fait un flop monumental, tant pis. J'aurais essayé et je me serais bien amusé pendant deux ans.